En bref — Les Pompeu désignent à la fois un prénom catalan d'origine romaine (Pompeius), le célèbre linguiste Pompeu Fabra qui a normalisé le catalan au XXe siècle, et plusieurs lieux barcelonais (université, quartiers, rues). Ce nom incarne l'héritage classique latin adapté à l'identité catalane moderne. Pompeu Fabra (1868-1948) a créé la grammaire, l'orthographe et le dictionnaire de référence du catalan, faisant de lui le père de la langue catalane contemporaine.
Que désigne exactement le terme « les Pompeu » ?
Les trois significations principales du nom Pompeu
Le terme "les Pompeu" crée une confusion légitime car il recouvre trois réalités distinctes. Premièrement, Pompeu est un anthroponyme catalan, c'est-à-dire un prénom masculin directement issu du latin Pompeius. Ce nom de gens romain était porté par Gnaeus Pompeius Magnus (Pompée le Grand), général et homme politique du Ier siècle avant J.-C.
L'étymologie remonte à la Rome antique : Pompeius dérive probablement du nombre "cinq" (pompe en osque, langue italique ancienne). En Catalogne, ce prénom s'est implanté dès le Moyen Âge, adoptant la forme catalane Pompeu par évolution phonétique naturelle.
Deuxièmement, les Pompeu font référence à Pompeu Fabra (1868-1948), philologue et ingénieur barcelonais. Il est la figure centrale de la normalisation linguistique catalane. Son travail entre 1913 et 1932 a fixé l'orthographe, la grammaire et le lexique du catalan moderne. Sans lui, le catalan n'aurait pas de norme unifiée enseignée aujourd'hui.
Troisièmement, à Barcelone, plusieurs toponymes portent ce nom : l'Université Pompeu Fabra (fondée en 1990), le quartier Pompeu Fabra, la carrer Pompeu Fabra (rue principale), et divers équipements culturels. Ces lieux honorent la mémoire du linguiste et structurent l'espace urbain barcelonais.
L'onomastique catalane classe Pompeu parmi les prénoms savants, ceux qui maintiennent une référence culturelle classique. Contrairement aux prénoms d'origine germanique (Jordi, Ramon) ou chrétienne (Josep, Joan), Pompeu affirme un lien direct avec l'Antiquité méditerranéenne.
Hiérarchie sémantique : du nom romain au patrimoine catalan
Gnaeus Pompeius Magnus (106-48 av. J.-C.) a étendu l'influence romaine en Méditerranée occidentale, notamment en Hispanie. Sa présence militaire dans la péninsule ibérique a laissé des traces onomastiques durables. Le nom Pompeius s'est transmis comme marque de prestige aristocratique.
En Catalogne, l'adoption du prénom Pompeu dès le Moyen Âge traduit une volonté de rattachement à l'héritage classique. Les familles nobles catalanes choisissaient ce prénom pour signifier leur culture latine, leur distinction sociale et leur ancrage méditerranéen. Ce choix n'était pas anodin : il marquait une différence avec les prénoms wisigothiques ou arabes.
La symbolique de prestige s'est maintenue jusqu'au XIXe siècle. Quand les parents de Pompeu Fabra l'ont prénommé ainsi en 1868, ils inscrivaient leur fils dans une lignée intellectuelle et culturelle spécifique. Ce prénom annonçait une destinée lettrée, une vocation au service de la culture catalane.
Le patrimoine culturel catalan a intégré les Pompeu comme marqueur identitaire. Aujourd'hui, choisir ce prénom ou nommer une institution "Pompeu" signale un attachement à l'histoire longue de la Catalogne, de Rome à nos jours. C'est un acte de mémoire collective et d'affirmation culturelle.
A retenir — Les Pompeu articulent trois niveaux : un prénom d'origine romaine (Pompeius), une figure intellectuelle majeure (Pompeu Fabra), et des lieux barcelonais modernes. Cette polysémie explique la confusion en ligne, mais révèle surtout la profondeur historique du nom.
Pompeu Fabra : figure centrale de la normalisation linguistique catalane
Parcours du philologue : de Gracia à l'Institut d'Estudis Catalans
Pompeu Fabra naît le 20 février 1868 dans le quartier de Gracia, alors commune indépendante de Barcelone. Sa formation initiale est scientifique : il obtient un diplôme d'ingénieur industriel en 1891. Ce parcours technique lui donne une méthode rigoureuse, analytique, qu'il appliquera ensuite à la linguistique.
Dès les années 1890, Fabra s'engage dans la Renaixença, mouvement culturel catalan de renaissance littéraire et linguistique. Ce courant réagit à la diglossie catalane : le catalan est parlé dans la sphère privée, le castillan domine l'administration et l'enseignement. Fabra constate que le catalan manque de norme écrite unifiée, ce qui freine son usage officiel et sa transmission.
En 1911, l'Institut d'Estudis Catalans (IEC) le nomme responsable de la section philologique. Cette institution, créée en 1907, vise à promouvoir la culture et la langue catalanes. Fabra dispose enfin d'un cadre institutionnel pour mener son projet : doter le catalan d'une norme moderne, scientifique, comparable aux grandes langues européennes.
Son approche est méthodique. Il étudie les dialectes catalans (central, valencien, baléare, roussillonnais), les textes médiévaux (Ramon Llull, Jaume I), et les grammaires antérieures (Esteve, Ballot). Il applique les méthodes de la philologie romane, discipline alors en plein essor en Europe. Son objectif : créer une norme qui respecte l'usage vivant tout en assurant la cohérence grammaticale.
Les trois piliers de la normalisation : orthographe, grammaire, dictionnaire
En 1913, Fabra publie les Normes ortogràfiques. Ce texte fixe l'orthographe fabrienne, système graphique encore en vigueur aujourd'hui. Il tranche des débats anciens : faut-il écrire "casa" ou "caça" ? "eix" ou "ex" ? Fabra choisit des graphies étymologiques cohérentes, inspirées du latin mais adaptées à la prononciation catalane moderne.
L'orthographe fabrienne simplifie et rationalise. Par exemple, elle supprime les consonnes doubles inutiles (ll devient l quand le son est simple), unifie les accents (grave pour les voyelles ouvertes, aigu pour les fermées), et fixe l'apostrophe. Ces règles permettent une standardisation de l'écrit, indispensable pour l'enseignement et l'édition.
En 1918, Fabra publie la Gramàtica catalana. Cet ouvrage de 300 pages codifie la morphologie (conjugaisons, déclinaisons) et la syntaxe (ordre des mots, concordances). Il décrit le catalan central comme base de la norme, tout en intégrant des variantes dialectales acceptables. La grammaire catalane devient enfin un système explicite, enseignable, comparable aux grammaires française ou espagnole.
Le Diccionari general de la llengua catalana paraît en 1932. Ce dictionnaire de 80 000 entrées constitue la référence lexicographique du catalan. Fabra y définit les mots, précise leur étymologie, indique leur niveau de langue (littéraire, populaire, technique). Il intègre des néologismes nécessaires à la modernité (automobile, téléphone, chimie) et écarte les castellanismes jugés non catalans.
Ces trois ouvrages forment un système complet de normalisation linguistique. Ils donnent au catalan les outils d'une langue de culture moderne : orthographe stable, grammaire explicite, lexique riche. Sans ce travail, le catalan serait resté une langue orale fragmentée, incapable de rivaliser avec le castillan dans les domaines officiels.
Contexte sociolinguistique : pourquoi cette normalisation était nécessaire
Au tournant du XXe siècle, la Catalogne vit une situation de diglossie. Le catalan est la langue maternelle de la majorité, mais le castillan domine l'État, l'école, la justice, l'armée. Cette répartition crée une hiérarchie : le castillan est perçu comme langue de prestige, le catalan comme langue du quotidien et du folklore.
L'absence de norme unifiée aggrave la situation. Chaque écrivain catalan invente son orthographe, mélange dialectes et castellanismes. Les textes sont difficilement compréhensibles d'une région à l'autre. Cette anarchie graphique empêche le catalan d'être pris au sérieux comme langue administrative ou scientifique.
Fabra comprend que la standardisation est un acte politique autant que linguistique. En dotant le catalan d'une norme moderne, il affirme que cette langue peut remplir toutes les fonctions sociales : enseignement, administration, littérature, sciences. Il combat l'idée que le catalan serait un "dialecte" inférieur au castillan.
Après la guerre civile (1936-1939), la politique linguistique franquiste réprime le catalan. Son usage public est interdit, les livres en catalan sont brûlés, l'enseignement se fait uniquement en castillan. Fabra, exilé en France, meurt en 1948 sans voir la restauration de sa langue. Mais son œuvre survit clandestinement : les Normes ortogràfiques et la Gramàtica circulent sous le manteau, maintenant vivante la norme catalane.
Après 1975 et la mort de Franco, la normalisation fabrienne sert de base à la politique linguistique catalane. Le catalan redevient langue co-officielle, enseignée à l'école, utilisée dans l'administration. L'identité catalane se reconstruit autour de cette langue normalisée, héritage direct du travail de Fabra.
A retenir — Pompeu Fabra a créé entre 1913 et 1932 les trois piliers de la langue catalane moderne : orthographe, grammaire, dictionnaire. Ce travail de normalisation linguistique a permis au catalan de survivre à la répression franquiste et de redevenir langue officielle après 1975.
L'héritage moderne des Pompeu en Catalogne
Université Pompeu Fabra : institution académique de référence
L'Université Pompeu Fabra (UPF) est fondée en 1990 à Barcelone, dans le contexte de la restauration démocratique et linguistique catalane. Elle se spécialise dès l'origine en sciences sociales (économie, sciences politiques, droit), sciences de la communication et technologies de l'information.
En 2024, l'UPF figure dans le top 10 mondial des universités de moins de 50 ans selon le classement Times Higher Education. Elle se distingue par son excellence en économie (département reconnu internationalement), en traduction (master de référence en Europe), et en sciences cognitives. Son taux d'insertion professionnelle dépasse 90 % trois ans après le diplôme.
L'UPF symbolise l'excellence académique catalane contemporaine. En portant le nom de Pompeu Fabra, elle affirme un double héritage : rigueur scientifique (Fabra était ingénieur avant d'être philologue) et engagement pour la culture catalane. L'université enseigne en catalan, castillan et anglais, incarnant le plurilinguisme méditerranéen.
Le campus principal occupe l'ancien casernement militaire de la Ciutadella, reconverti en espace universitaire. Cette localisation centrale, proche du Parc de la Ciutadella et du quartier du Born, fait de l'UPF un acteur majeur de la vie intellectuelle barcelonaise. Ses 15 000 étudiants et 1 500 chercheurs contribuent au rayonnement international de Barcelone.
Toponymie barcelonaise : quartiers, rues et espaces publics
Le quartier Pompeu Fabra, situé dans le district de Sant Andreu, est une zone résidentielle développée dans les années 1960-1970. Il accueille aujourd'hui environ 10 000 habitants, principalement des familles de classe moyenne. Le quartier dispose d'écoles, de centres culturels et d'espaces verts portant le nom du linguiste.
La carrer Pompeu Fabra traverse plusieurs quartiers de Barcelone, notamment Gracia (quartier natal de Fabra) et Sant Andreu. Cette artère de 2 km relie des zones historiques et modernes, symbolisant la continuité urbaine. La plaça Pompeu Fabra, dans le quartier de Gracia, accueille marchés, terrasses et événements culturels.
La toponymie barcelonaise compte également la Biblioteca Pompeu Fabra (bibliothèque municipale spécialisée en linguistique), le Centre Cívic Pompeu Fabra (espace d'animation culturelle), et plusieurs écoles primaires. Ces équipements structurent la vie quotidienne des Barcelonais et entretiennent la mémoire du philologue.
Le patrimoine culturel catalan s'inscrit ainsi dans l'espace urbain. Chaque rue, chaque place portant le nom de Pompeu Fabra rappelle que la langue catalane a une histoire, des héros, une légitimité. Cette toponymie n'est pas neutre : elle construit une identité collective, un récit partagé par les habitants de Barcelone.
A retenir — L'héritage moderne des Pompeu se matérialise par l'Université Pompeu Fabra (top 10 mondial des jeunes universités) et une toponymie barcelonaise dense (quartiers, rues, équipements culturels). Ces lieux perpétuent la mémoire du linguiste et affirment l'identité catalane contemporaine.
Étymologie et diffusion du prénom Pompeu en Catalogne
Du latin Pompeius au catalan Pompeu : évolution phonétique
Pompeius est un nom de gens romain, c'est-à-dire un nom de famille patricienne. Il dérive probablement de l'osque pompe (cinq), langue italique parlée en Italie centrale avant la romanisation. Le général Gnaeus Pompeius Magnus (106-48 av. J.-C.) a rendu ce nom célèbre dans tout l'Empire romain. l’origine et la signification historique du nom Pompeu
L'adaptation catalane médiévale suit les lois phonétiques romanes. Le -s final latin disparaît (Pompeius > Pompei), puis la diphtongaison transforme le -i final en -u (Pompei > Pompeu). Cette évolution est parallèle à d'autres prénoms : Julius > Juli, Claudius > Claudi. Le catalan conserve ainsi une forme savante, proche du latin, contrairement au castillan (Pompeyo) ou au français (Pompée).
L'onomastique catalane classe Pompeu parmi les prénoms "classiques", ceux qui maintiennent une référence érudite à l'Antiquité. Au Moyen Âge, ces prénoms sont portés par les élites lettrées : notaires, médecins, juristes. Ils signalent une éducation latine, une familiarité avec les textes classiques.
La forme savante s'est maintenue en catalan parce que cette langue a conservé un contact étroit avec le latin écrit. Les chancelleries catalanes médiévales (XIIIe-XVe siècles) rédigeaient en latin et en catalan, créant une continuité culturelle. Le prénom Pompeu bénéficie de cette transmission ininterrompue.
Répartition géographique et fréquence du prénom
Aujourd'hui, le prénom Pompeu se concentre en Catalogne (provinces de Barcelone, Gérone, Tarragone, Lérida), aux Baléares (Majorque, Minorque) et au Pays valencien. Cette répartition correspond à l'aire linguistique catalane, zone où le catalan est langue maternelle ou co-officielle.
Les statistiques de l'Institut d'Estadística de Catalunya (IDESCAT) indiquent qu'environ 3 000 personnes portent le prénom Pompeu en Catalogne en 2024. C'est un prénom rare : il représente moins de 0,1 % des naissances annuelles. Mais cette rareté renforce sa valeur symbolique. Choisir ce prénom est un acte culturel conscient, pas une mode.
Le XXe siècle a vu un déclin du prénom Pompeu, notamment pendant la période franquiste (1939-1975) où les prénoms catalans étaient découragés ou interdits. Les registres d'état civil imposaient des formes castillanisées : Pompeyo au lieu de Pompeu. Beaucoup de familles ont renoncé à ce prénom pour éviter des tracas administratifs.
Depuis les années 1990, un renouveau d'intérêt se manifeste. La normalisation linguistique post-franquiste, l'enseignement du catalan à l'école, et la valorisation du patrimoine culturel catalan favorisent le retour de prénoms traditionnels. Pompeu bénéficie de cet héritage revendiqué, notamment grâce à la notoriété de l'Université Pompeu Fabra.
A retenir — Le prénom Pompeu dérive du latin Pompeius par évolution phonétique catalane médiévale. Rare mais symboliquement fort, il se concentre en Catalogne et connaît un renouveau depuis 1990, porté par la revalorisation de l'identité catalane.
Comparaison avec d'autres normalisateurs linguistiques européens
Fabra et les académies linguistiques : méthode et impact
L'Académie française, fondée en 1635, a normalisé le français par décrets et dictionnaires. Son approche est prescriptive : elle décide ce qui est "bon usage" et condamne les écarts. Fabra adopte une méthode différente, plus descriptive : il observe l'usage vivant, identifie les régularités, et propose une norme qui respecte la pratique réelle des locuteurs.
La Real Academia Española (RAE), créée en 1713, offre un parallèle plus proche. Comme Fabra, elle unifie des variantes dialectales (castillan, andalou, américain) pour créer une norme commune. Mais la RAE dispose d'un État puissant (l'Espagne) qui impose cette norme par l'école et l'administration. Fabra, lui, travaille sans État-nation : la Catalogne est une région d'Espagne, pas un pays indépendant.
Cette spécificité catalane est cruciale. Fabra normalise une langue minoritaire, dominée politiquement par le castillan. Il ne peut pas compter sur l'appareil d'État pour diffuser sa norme. Il doit convaincre : écrivains, journalistes, enseignants, éditeurs. Son succès repose sur la qualité scientifique de son travail et sur le soutien de la société civile catalane.
La standardisation fabrienne a réussi parce qu'elle répondait à un besoin social urgent. Les Catalans voulaient une langue moderne, capable de rivaliser avec le castillan. Fabra leur a fourni les outils : orthographe stable, grammaire claire, dictionnaire riche. En 1932, le catalan était prêt à devenir langue officielle. La guerre civile a interrompu ce processus, mais la norme était posée.
Héritage intellectuel : de la philologie à la sociolinguistique moderne
Après 1975, les politiques linguistiques post-franquistes s'appuient directement sur le travail de Fabra. La Llei de Normalització Lingüística (1983) fait du catalan la langue propre de la Catalogne, co-officielle avec le castillan. L'enseignement se fait en catalan, l'administration l'utilise, les médias le diffusent. Cette normalisation politique prolonge la normalisation linguistique de Fabra.
Fabra sert de modèle aux langues minoritaires européennes. Le basque (euskara), le galicien, le breton, le gallois, le corse s'inspirent de sa méthode : créer une norme unifiée, former des enseignants, produire des dictionnaires et grammaires, investir l'espace public. La sociolinguistique catalane, discipline née dans les années 1970, étudie ces processus de revitalisation linguistique.
En 2008, l'UNESCO crée une chaire de plurilinguisme à l'Université Pompeu Fabra. Cette reconnaissance internationale consacre le modèle catalan : une langue minoritaire peut survivre et prospérer si elle dispose d'une norme solide, d'un enseignement de qualité, et d'un soutien institutionnel. Fabra avait posé les fondations il y a un siècle.
L'héritage intellectuel de Pompeu Fabra dépasse la Catalogne. Il démontre qu'une langue n'est pas seulement un système grammatical, mais un projet politique et culturel. Normaliser une langue, c'est affirmer qu'une communauté existe, qu'elle a une histoire, qu'elle mérite de transmettre sa culture aux générations futures. C'est un acte de résistance et de construction identitaire.
A retenir — Pompeu Fabra se distingue des académies française et espagnole par sa méthode descriptive et son absence d'État-nation. Son héritage inspire les politiques linguistiques post-franquistes et sert de modèle aux langues minoritaires européennes. Il incarne la sociolinguistique moderne : la langue comme projet collectif.
Ressources et sources académiques sur les Pompeu
Archives et institutions de référence
Le Fonds Pompeu Fabra, conservé à l'Institut d'Estudis Catalans (IEC) à Barcelone, rassemble les manuscrits, correspondances et notes de travail du linguiste. Ce fonds de 12 000 documents (lettres, brouillons, carnets) est accessible aux chercheurs sur demande. Il permet de retracer la genèse de la Gramàtica catalana et du Diccionari general.
Les Archives municipales de Barcelone conservent les registres onomastiques depuis le XVIIIe siècle. Ces registres permettent d'étudier la diffusion du prénom Pompeu, son évolution statistique, et sa répartition sociale. Les historiens y trouvent des données précieuses sur l'onomastique catalane et les pratiques de nomination.
La Bibliothèque de Catalogne (Biblioteca de Catalunya) a numérisé les œuvres complètes de Pompeu Fabra. Les Normes ortogràfiques (1913), la Gramàtica catalana (1918) et le Diccionari general (1932) sont consultables en ligne gratuitement. Cette numérisation patrimoniale rend accessible le corpus fondateur de la langue catalane moderne.
L'Institut Ramon Llull, organisme public de promotion de la langue et de la culture catalanes, publie des études sur Fabra et la normalisation linguistique. Son site web propose bibliographies, chronologies, et ressources pédagogiques. C'est un point d'entrée idéal pour les chercheurs francophones.
Bibliographie scientifique essentielle
La biographie de référence reste celle de Josep Miracle, Pompeu Fabra (1968, rééditée en 2005). Ce livre de 400 pages retrace le parcours du philologue, son contexte familial, ses engagements politiques, et son exil français. Miracle s'appuie sur des archives inédites et des témoignages de contemporains. C'est la source principale pour comprendre l'homme derrière l'œuvre.
Les revues académiques Estudis Romànics (publiée par l'IEC) et Llengua i Literatura (Université de Barcelone) consacrent régulièrement des numéros à Fabra. En 2018, un numéro spécial a célébré le centenaire de la Gramàtica catalana, avec des articles sur son influence européenne, sa réception critique, et son actualité linguistique.
Le colloque international "Cent anys de normalització lingüística" (2018, Barcelone) a réuni 150 chercheurs de 20 pays. Les actes, publiés en 2020, offrent un panorama complet des recherches actuelles sur Fabra : sociolinguistique, histoire culturelle, philologie romane, politique linguistique. C'est l'état de l'art le plus récent.
Pour les lecteurs francophones, l'ouvrage de Joan-Lluís Marfany, La llengua maltractada (2001, traduit en français sous le titre La langue maltraitée, 2010), contextualise le travail de Fabra dans l'histoire longue de la diglossie catalane. Marfany montre comment la normalisation linguistique s'inscrit dans un projet politique plus large de construction nationale catalane.
A retenir — Les sources primaires sur les Pompeu sont conservées à l'Institut d'Estudis Catalans (Fonds Fabra) et à la Bibliothèque de Catalogne (œuvres numérisées). La bibliographie scientifique essentielle comprend Miracle (1968), les revues Estudis Romànics et Llengua i Literatura, et les actes du colloque du centenaire (2020).
FAQ
Pourquoi les résultats en ligne sur les Pompeu se contredisent-ils ?
Les Pompeu désignent trois réalités distinctes : un prénom catalan d'origine romaine (Pompeius), le linguiste Pompeu Fabra (1868-1948), et des lieux barcelonais (université, quartiers). Cette polysémie crée de la confusion. Les moteurs de recherche mélangent ces trois niveaux sans les distinguer clairement. L'absence de page de désambiguïsation structurée aggrave le problème. Comprendre cette triple signification permet de trier les informations et d'éviter les incohérences.
Quelle est la différence entre Pompeius et Pompeu ?
Pompeius est la forme latine originelle, nom de gens romain porté par Pompée le Grand (106-48 av. J.-C.). Pompeu est l'adaptation catalane médiévale, résultant d'une évolution phonétique naturelle : chute du -s final et diphtongaison du -i en -u. Aujourd'hui, Pompeius s'utilise uniquement en contexte historique ou académique, tandis que Pompeu est le prénom vivant en catalan. Cette distinction reflète la continuité entre l'Antiquité romaine et la culture catalane moderne.
Pourquoi Pompeu Fabra est-il si important pour la Catalogne ?
Pompeu Fabra a créé entre 1913 et 1932 la norme linguistique catalane moderne : orthographe, grammaire, dictionnaire. Avant lui, le catalan manquait d'unité écrite, ce qui l'empêchait de rivaliser avec le castillan dans les domaines officiels. Fabra a donné au catalan les outils d'une langue de culture complète. Il symbolise la résistance culturelle face à la diglossie et à la répression franquiste. Son œuvre sert de base à la politique linguistique catalane depuis 1975, faisant de lui le père de l'identité catalane contemporaine.
L'Université Pompeu Fabra est-elle prestigieuse ?
Oui. L'Université Pompeu Fabra figure dans le top 10 mondial des universités de moins de 50 ans selon le classement Times Higher Education. Elle excelle en économie, sciences politiques, traduction et sciences cognitives. Son taux d'insertion professionnelle dépasse 90 % trois ans après le diplôme. Fondée en 1990, l'UPF incarne l'excellence académique catalane. Elle bénéficie de partenariats européens prestigieux et attire des étudiants internationaux. Porter le nom de Pompeu Fabra affirme son engagement pour la rigueur scientifique et la culture catalane.
Où trouver des sources primaires sur Pompeu Fabra ?
Le Fonds Pompeu Fabra, conservé à l'Institut d'Estudis Catalans (IEC) à Barcelone, rassemble 12 000 documents : manuscrits, lettres, carnets de travail. La Bibliothèque de Catalogne a numérisé ses œuvres complètes (Normes ortogràfiques, Gramàtica catalana, Diccionari general), consultables gratuitement en ligne. Les Archives municipales de Barcelone conservent les registres onomastiques. Pour la bibliographie secondaire, consulter les revues Estudis Romànics et Llengua i Literatura, et la biographie de Josep Miracle (1968).
Le nom Pompeu est-il encore donné comme prénom aujourd'hui ?
Oui, mais rarement. Environ 3 000 personnes portent ce prénom en Catalogne en 2024, soit moins de 0,1 % des naissances annuelles. Il se concentre en Catalogne, aux Baléares et au Pays valencien. Après un déclin pendant la période franquiste (1939-1975), le prénom Pompeu connaît un renouveau depuis les années 1990. Ce regain s'explique par la revalorisation de l'identité catalane et la notoriété de l'Université Pompeu Fabra. Choisir ce prénom est un acte culturel fort, marquant un attachement à l'héritage linguistique et historique catalan.



